Numéro 3 : Fleurs


Les fleurs sourdent des imaginaires botaniques et paysagers.

Les fleurs fermentent sous les pieds des naturalistes.

Les fleurs dévient des attentes bioprospectives.

Les fleurs nucléaires paissent dans les prairies radioactives.

Les fleurs percent aussi dans les ZAD, les friches, les prisons et les cimetières.

Les fleurs décoloniales ont la sève intranquille.

Les fleurs dirigent la cueillette, collent aux mains et refusent le labour esthétique.

Les fleurs accrochées aux doigts piquent le langage au détail. 

Les fleurs observées exigent le regard au ras du sol, un changement de perspective.

Les fleurs s’herborisent à condition d’être contemplées.

Les fleurs offrent un surplus de matérialité hors-sol.

Les fleurs se frottent à l’herbier, au haïku et à la nature morte.

Les fleurs renient le phénomène naturel qui les fait croître déjà fanées.

Les fleurs composent avec la saisonnalité qui les recycle.

Les fleurs éclosent dans l’obscurité domestique ; germeront, ne germeront pas.

Les fleurs coupées ont la tige vaniteuse.

Les fleurs saturent de souvenirs, du bouquet de marié⋅e à la couronne mortuaire.

Les fleurs végétalisent leur contenant lexical ou décoratif.

Les fleurs sortent de l’ornementation par des distorsions du genre.

Les fleurs fleurissent mieux sans épandage de fertilisant patriarcal.

Les fleurs queers imprègnent les résistances.

Les fleurs restent vivaces sous les peaux tatouées.

Les fleurs persistent dans leur corps odoriférant.

Les fleurs acculturées apprivoisent des états seconds, font décoction et fiction.

*

À partir de vingt-cinq propositions, comme autant de bourgeons et de possibles variations sur le thème floral, ce troisième avis de recherche créative place la revue Outsider à hauteur des fleurs. Espèces hybrides, les textes bouturés sont les bienvenus, pourvu qu’ils fassent jouer les liens entre texte et image. 

Nous encourageons les productions originales, adossées à la critique d’art ou à la critique littéraire. Les parti-pris stylistiques et les points de vue situés trouveront à se loger au sein de formes visuelles et/ou graphiques libres. Aussi, pour que s’épanouisse pleinement la critique créative, nous invitons les auteur⋅ices à prendre connaissance de la ligne éditoriale de la revue et des précédents numéros avant d’envoyer leur proposition.  

Les propositions (500 mots maximum), ainsi qu’une courte biographie (100 mots), étaient à envoyer avant le 3 mars 2025 à l’adresse :